Archive pour novembre 2007

Quelques mots avant la fin de la campagne

Chers Confrères,
Au cours de ces dernières semaines, j’ai souhaité ne pas vous écrire sans cesse, mais plutôt aller à votre rencontre, me rendre dans vos cabinets, mener une campagne de proximité.
Mais à compter de demain, c’est un usage que je respecte et que j’approuve, je n’aurai plus le droit de m’adresser à vous par mail ou courrier jusqu’au soir du 1er tour. Je vous écris donc aujourd’hui ces quelques mots pour vous redire pourquoi je me présente à vos suffrages.
La période que nous vivons n’est pas aisée pour notre profession.
La déclaration de soupçon qu’on veut nous imposer, et dont les modalités seront durcies si la troisième directive est transposée, viole directement notre secret et notre indépendance. C’est évidemment inacceptable, et nous devons réagir ensemble, avec force.
Notre rôle social est de parler pour les autres, de défendre, de nous élever contre toute violation des libertés fondamentales. Mais qui parlera pour nous ?
C’est justement le rôle de notre Ordre. Sans concurrence stérile avec le Conseil national, mais pour que la voix de notre profession soit plus forte, et porte enfin. Pour montrer avec vigueur que les 21.000 avocats parisiens, comme leurs Confrères de province, refusent ce qu’on tente de leur imposer. Les moyens de recours existent pourtant contre ces textes qui portent atteinte à des principes fondamentaux, reconnus par les cours européennes.
Je n’oublie pas qu’au même moment, plusieurs milliers de Confrères sont en difficulté. Nous devons les aider à s’adapter à un monde en mutation profonde. Nous devons accueillir dignement nos jeunes Confrères qui viennent de prêter serment pour qu’ils aient la possibilité de s’épanouir comme nous dans une profession passionnante. Nous devons aussi, bien entendu, veiller au respect de notre déontologie, qui n’est pas un ensemble de règles surannées mais au contraire le corps des valeurs qui nous unissent, qui fondent notre profession.
Je l’ai écrit dans ma profession de foi : notre avenir, si nous restons ambitieux, sera florissant. Je veux être utile dans cette défense de notre profession, qui ne doit pas être synonyme de conservatisme et de réaction, mais au contraire de progrès, de propositions, de création.
Tel est le sens de ma candidature.
Bien confraternellement

Blanchiment et déclaration de soupçon : le Barreau en marche

Notre Bâtonnier désigné vient de nous adresser un courrier remarquable. Je le mets en ligne pour que chacun puisse le relire.

C’est à mes yeux un acte fondateur.

Nous avons subi deux directives (la première ne nous concernait pas), une loi et un décret sans réagir aussi fermement que nous l’aurions pu. En tout cas, pas efficacement.

Nous avons pensé, et le reproche est collectif, je m’y inclus, que la négociation suffirait, que des recours bien polis aboutiraient.

Tel n’a pas été le cas, nous le constatons amèrement.

Canadiens, Japonais et Australiens ont refusé cette législation au nom de leurs principes constitutionnels. Personne n’a même songé aux États-Unis à l’imposer aux Avocats.

Nous, Français, Européens, avons échoué.

Provisoirement. Car je veux croire que nous réussirons. Nous avons les arguments qu’il faut. Cette déclaration de soupçon porte atteinte à plusieurs principes essentiels. Notre secret bien sûr, qui ne nous appartient pas, qui est dans l’intérêt général. Notre indépendance, aussi essentielle en conseil qu’en contentieux, car il n’y a pas de démocratie sans indépendance de l’Avocat. Et le droit du client au silence, à ne pas être poursuivi sur la base d’une parole, sa parole, qu’il croyait libre.

Ces principes sont reconnus par les Cours européennes.

Des recours efficaces peuvent encore être menés.

Sans oublier un lobbying intense auprès de nos parlementaires, dont certains sont avocats, et si la troisième directive est transposée, auprès du Conseil constitutionnel.

Il faut pour cela une volonté forte. Nous l’avons. Le courrier de notre Bâtonnier désigné le démontre. Et, si l’on en croit les courriers qu’il reçoit en réponse, qui ne surprennent personne, tout notre Barreau est avec lui.


Abonnez-vous aux mises à jour de ce site (flux RSS)

Bienvenue !

Ce blog a été mis en ligne durant ma campagne pour le Conseil de l'Ordre. J'avais indiqué dans ma profession de foi qu'il serait maintenu ensuite. Si j'ai souhaité être membre du conseil, c'est pour y être le représentant de mes Confrères, y exprimer leur voix, y être le relais de leurs préoccupations. Ce blog est un moyen de dialogue, d'échanges. J'y exprime mes idées, mes opinions. Elles me sont totalement personnelles, et n'engagent donc évidemment pas le Conseil auquel j'appartient désormais. Bien confraternellement. William Feugère